BUBBLES : PINK VIOLENCE

Vidéo couleur, stéréo
19 min. 44sec.

2005•

Maud Chayer, Philippe Hamelin, Michel Laforest, Vincent Leduc, Julie Tremble et Céline B. La Terreur

BUBBLES : PINK VIOLENCE
Comment la télévision produit les téléromans

Soap Opera : roman-savon, téléroman

Opéra: Fiction, cruelle, passionnée, théâtrale (parfois kitsch)

Est-ce par mauvaise foi ou lucidité, mais nous considérons comme des téléromans : le «Télé-journal », la « Télé-réalité », certaines productions cinématographiques, les documentaires, les annonces publicitaires, les galas (de type Oscars, Adisq), certains films dits « de répertoire » et, en dernière position, les téléromans.

Nés dans un monde où le téléviseur est passé des émissions locales, éducatives et bienfaisantes, diffusées sur quelques canaux, à une télédiffusion internationale câblée accessible où les chaînes de pornographie spécialisées côtoient les documentaires rigoureux à toute heure du jour ou de la nuit ; nés dans un monde où le téléviseur fait partie intégrante des discussions, des repas en famille et est un instrument de détente après des heures de travail abrutissant ; nous nous arrêtons un bref instant afin d’analyser l’univers hallucinant de la télévision.
Dans le monde fabuleux de la télévision :

Nous regardons ce que l’on nomme sobrement « Les nouvelles ». Nous préférons l’expression trompeuse « Le bulletin d’information ». En lisant quelques journaux indépendants qui bientôt n’existeront plus, nous prenons conscience du contrôle et de la censure que subissent ces soi-disant informations, ces informations scrupuleusement analysées, censurées, édulcorées. Le bulletin d’information devient, selon nos critères, le téléroman le moins glamour et le plus ordinaire qui soit.

Combien de fois le documentaire a-t-il dû être trahi par l'argent des producteurs ?

Combien de fois a-t-on constaté que les données ont été faussées pour en arriver à la démonstration voulue ? Certains de ces documents se disent crédibles, objectifs, mais ne s’avèrent être qu’une propagande orchestrée sur une fiction dictée par les producteurs : un autre genre de téléroman.


Des émissions de « télé-réalité » sonnent tellement faux en tentant désespérément de nous faire croire à ces situations banales, tellement répétées, qu’on se retrouve encore devant quelque chose qui a été construit, qui n’est pas ce qu’il prétend être, qui n’a pas la spontanéité, le hasard, ni la fraîcheur voulue. Nous y voyons encore un genre nouveau de téléroman, où Monsieur et Madame X font semblant, moyennant quelques dollars, d’être surpris devant leur nouvelle silhouette, ou dans telle ou telle situation incongrue.

À tout cela, si nous devons choisir, nous préférons de loin les vrais téléromans, où le glamour et les excès détestables des starlettes minables sont au moins franchement médiocres et affichent librement, soit leur faible budget, leur faible scénario, leurs faibles dialogues, leurs faibles acteurs.

Dans le vrai téléroman, point de fausse profondeur, que du superficiel, à l'état brut.

 

Ces romans-savons, pétillants de bulles de bains moussants, de Champagne, de ballons, ont la qualité suprême d'oser dire, honnêtement et directement : ceci n'est qu'un divertissement.

Car voilà la nature de la télévision.


Malgré les apparences, l'objectif n'est pas de montrer la réalité.
L'objectif n'est pas de diffuser les événements internationaux.
L'objectif n'est pas de partager une certaine connaissance.

L'objectif est le divertissement.
Le pur divertissement.
 

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Note : Selon l'étude de Gergen & Gergen, (Psychologie sociale, 1984), un enfant visionne à chaque jour environ deux heures de télévision (la moyenne en 1984). Au moment où l'enfant américain normal atteint l'âge de 16 ans, il aura vu quelque 20 000 homicides.
Aucune étude plus récente connue ne nous permet de mettre à jour ces données dépassées.

 

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